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ANGLAIS,  Compétences

Communiquer dans une autre langue: conversation ou précision?

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C’est décidé, vous allez enfin pratiquer la langue étrangère que vous êtes en train d’étudier. Le stress monte. Se lancer dans une conversation? Prioriser la précision?

Dans cet article je vous propose d’examiner la question de la conversation quand on est loin de maitriser la grammaire.

Ah cette grammaire! C’est souvent elle qui nous bloque, nous retient de parler ou d’écrire dans une langue que l’on connait un peu, mais pas assez pour se sentir à l’aise. Disons que très souvent, vraiment très souvent, on n’a pas besoin d’elle pour se faire comprendre!

Et puis il y a peut-être aussi la peur de ce que va penser l’interlocuteur. Et pourtant! Quand vous croisez un étranger qui tente deux trois mots en français plutôt que de passer direct à l’anglais, ça fait plaisir, non? Qu’importe que ce soit chaotique, que ça ne suffise pas à faire une conversation complète. On apprécie l’effort.

Et bien pour les autres, c’est pareil! Plus vous tentez, plus ça séduit!

Pour autant, est-ce toujours suffisant? Tout dépend du contexte.

Discuter sans précision

En conversation

Je me souviens de mon arrivée en Espagne. Mon espagnol très rudimentaire (les restes de l’école) me permettaient tout juste des échanges de base du genre bonjour, au revoir, comment ça va, etc. avec mes collègues. Fort heureusement pour moi, certains parlaient français et d’autres anglais. J’ai pris des cours, mais la progression était lente. Je tentais quelques trucs mais c’était très hésitant. Je suis perfectionniste, c’est mon défaut! (enfin seulement pour les langues, mais j’y travaille!)

Puis un jour, un collègue français m’a recommandé une école de langues avec un cours tous les jours. Le top!

Mais ce qui m’a marqué le plus dans sa recommandation, c’est que lui n’avait pas dépassé le niveau débutant et s’en sortait très bien. Après tout, il n’avait pas l’intention de s’installer en Espagne, il était juste là pour 9 mois. Il avait donc mis en place des ‘parades’ pour se simplifier la vie, et ses collègues avaient pris l’habitude de le comprendre comme ça.

Une parade, c’est quoi?

En espagnol, comme en français, les conjugaisons, c’est pas de la tarte!

Un exemple dont je me souviens particulièrement c’est son esquive du futur. Plutôt que de conjuguer les verbes au futur, il disait toujours ‘Voy a’, autrement dit ‘je vais’, en ajoutant un marqueur de temps du genre demain, cet après-midi etc.

En soi ce n’est pas incorrect, mais ça fait un peu lourd comme structure. Et effectivement, avec cette tactique, pas de problème de conjugaison. En espagnol comme en français, après ‘Je vais’ on met l’infinitif. Et hop, le tour est joué!

Autres exemples

Tous les cours de langues commencent par du simplifié. On n’apprend pas nécessairement la conjugaison à toutes les personnes; je tu et il suffisent.

1- Ainsi, pour contourner le nous, on pourrait dire “Je, avec toi/avec lui, vais au restaurant ce soir”. J’ai conscience qu’on peut aussi le mettre à la fin en français, mais ça illustre mieux mon propos.

2- Pour éviter complètement les conjugaisons, pourquoi ne pas simplement utiliser le sujet, le verbe à l’infinitif et un marqueur de temps?

“Hier je prendre le train et il venir chercher à la gare.”

Ce n’est pas du beau français littéraire, mais toutes les informations sont là. Imaginez que quelqu’un vous parle comme ça plutôt que de vous obliger à parler anglais? Ça fait plaisir non?

Et justement, en parlant de l’anglais, comme c’est la nouvelle lingua franca, il y a un terme pour désigner cette façon de parler: Broken English – ou l’anglais cassé. Ce qui prouve bien que c’est devenu courant. Donc pas d’hésitation!

Trouvez votre parade

Chaque langue a sa structure et chacune offre des moyens de contourner un problème. C’est d’ailleurs une gymnastique que tous les professeurs de langues étrangères apprennent à leurs élèves.

Ne pas rester bloqué sur une chose qu’on ne sait pas dire, mais contourner le problème en utilisant ce que l’on sait.

Par écrit

Qui dit écrit ne dit pas roman. De nos jours, on écrit sûrement bien plus qu’on ne se l’imagine tellement il est facile d’échanger des messages via les différentes apps disponibles. Alors oui, comme c’est à l’écrit, on pourrait compter sur Google pour vérifier notre traduction avant d’envoyer un message. Mais ça perd tout l’interêt et le charme du message instantané.

Ici je trouve que quelques images valent bien plus qu’une dissertation sur le sujet. Aussi je vous propose une petite compilation de messages échangés. C’est tout ce qu’il y a de plus vrai puisque ce sont des messages échangés avec mes amis.

Et vous verrez, on arrive à comprendre! Enfin sauf quand je tente une phrase un peu longue en japonais…

Conversation ou precisionConversation ou precision

 

 

 

Conversation ou precisionConversation ou precision

 

 

 

Conversation ou precisionConversation ou precision

 

 

Il y a beaucoup d’anglais dans tout ça car c’est notre langue commune, mais vous pouvez voir que la précision n’a pas d’importance ici. Qu’importe dans quelle langue on écrit ou si on en mélange plusieurs dans une phrase! L’essentiel, c’est qu’on échange! On communique. On essaye, on réussi, on échoue, on explique, on apprend. Bref, on pratique ‘en vrai‘!

 

Quand la précision est indispensable

Alors certes, c’est bien joli tous ces échanges approximatifs, mais il arrive que la précision soit importante.

J’aimerais vous sortir une recette miracle pour être capable d’échanger rapidement dans une langue étrangère avec précision, mais il n’y en a pas. Il y a toutefois quelques astuces pour développer votre capacité à parler avec précision dans le domaine qui vous intéresse. Par exemple, si vous avez besoin d’échanger dans une langue pour faire du commerce avec un client, pas besoin de maitriser tout ce qui touche au quotidien, raconter ses vacances ou parler culinaire.

Essayez ces astuces, elles vous aideront à progresser rapidement dans votre domaine cible, même si ce type d’apprentissage a ses limites:

  1. Sélectionnez des sources écrites et orales authentiques dans votre langue cible, en rapport avec le sujet qui vous intéresse. Par exemple, des magazines d’économie, ou de construction, des sites informations du pays qui vous intéresse.
  2. Ne vous arrêtez pas au détail mais assurez vous de comprendre l’idée générale. Notez les mots qui vous manquaient pour comprendre cette idée.
  3. Relevez les mots clefs propre à votre activité, ainsi que les expressions utilisées.
  4. Utilisez ces termes et cette langue aussi souvent que possible. Il ne suffit pas de recevoir ce vocabulaire et cette grammaire, il faut aussi s’habituer à la produire.
  5. Répétez de façon quotidienne. Si vous le pouvez, commencez à écrire des emails par exemple, et faites les corriger par quelqu’un qui maitrise plus la langue.

Encore une fois, ce n’est pas une formule magique. Tout apprentissage requiert un investissement en temps et en efforts. Mais il est possible de développer une capacité de précision dans une langue étrangère qui ne touche qu’au domaine qui nous intéresse.

 

Vous l’aurez compris, mon objectif ici est avant tout de vous démontrer que la précision vient avec la pratique. La communication est le véritable objectif lorsqu’on apprend une langue étrangère. À nous ensuite d’être capable d’évaluer notre réel besoin de précision pour éviter de se trouver des excuses avant de commencer à discuter!

Vous avez essayé? Ça a donné quoi?

 

 

 


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4 Comments

  • Sandrine

    Bonjour Séverine
    Merci pour ton article qui je trouve permet de dédramatiser l’apprentissage des langues.
    Il est vrai que lorsque l’on cherche à maîtriser une langue, les méthodes d’apprentissage nous font bien souvent passé par la grammaire.
    Quoi de plus efficace pour éteindre la passion d’apprendre que de froid concepts sans couleur…
    Comme tu le dis, pouvoir communiquer est la clef même si nous ne sommes pas parfait.
    Après tout comme dit dans ton article, les personnes natives de la langue choisie apprécieront les efforts que l’on fait.
    Petit à petit la communication sera meilleure 🙂
    Alors… commençons 🙂

  • Gilles (Japonais Naturel)

    Entièrement d’accord avec toi Séverine !

    On se lance d’abord, on apprend petit à petit et on affine au fur et à mesure !

    Dans ma dernière newsletter, j’ai essayé de démontrer qu’avec seulement 2 mots japonais (un mot interrogatif et un nom), on arrivait à en dire déjà pas mal en tenant compte du contexte pour exprimer quelque chose sans ambiguïté !

    Par exemple: 駅どこ?

    Comme tu le dis, ce n’est pas une fin en soi, mais c’est un excellent moyen de se lancer au départ sans trop de risque ! 😉

    • Severine

      Hahaha, ça me rappelle mes essais de communication 🙂 Le blanchisseur du coin était très sympa. Il avait l’habitude de montrer le prix sur une calculatrice, mais pour moi, il disait le prix et attendait patiemment que je comprenne. C’est tout simple, mais ça m’a fait super plaisir, et ça m’a marquée!

  • Gilles (Japonais Naturel)

    Je reconnais bien là la gentillesse des japonais !

    La première fois que j’ai habité au Japon, je croisais tous les matins une Dame très âgées à qui je disais seulement おはようございます! (Ohayou gozaimasu !).

    A chaque fois, elle me disait “あっ!フランスちゃん” et plongeait sa main dans sa poche pour me tendre quelques bonbons en me souriant.

    Ça me mettait de bonne humeur pour la journée et me permettait de supporter les terribles heures de pointe de Tokyo !

    On sait tous les deux comme c’est important d’être positif pour apprendre une langue !

    Si seulement on apprenait ça aussi à l’école… 😉

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