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Orthographe et homophones- les langues étrangères peuvent-elles nous aider?

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S’il est vrai que le français est probablement plus compliqué à écrire que certaines de ses langues cousines, il n’en est pas moins vrai que les fautes d’orthographe existent dans toutes les langues. En revanche, il est intéressant de comparer la proportion de fautes d’orthographe dans notre langue natale, et dans une langue étrangère: souvent beaucoup moins. Bien sûr personne, même les plus grands experts en linguistique, n’est à l’abri des fautes. Je propose dans cet article de se pencher sur cette question du point de vue des langues étrangères.

 

Les fautes d’orthographe

J’ai décidé d’écrire cet article après avoir lu l’article de Gymglish portant justement sur l’orthographe, mais plus particulièrement l’orthographe en français.

L’article en lui-même aborde la question de la nécessité de faire un effort pour améliorer notre orthographe et de prendre la responsabilité de nos erreurs. Il parle aussi de l’impact de l’orthographe sur notre crédibilité, par exemple lors d’une candidature pour un emploi, ou la rédaction d’un rapport, ou même d’un simple email à un client, fournisseur ou collègue.

C’est là que cet article a particulièrement attiré mon attention. Vous ne le savez peut-être pas, mais dans une autre vie, j’ai été recruteuse en Angleterre. J’ai vu défiler des tonnes de CV et de candidatures, toutes en anglais, sauf lorsque je recrutais pour les entités françaises de certains clients.

Bref, l’impact de l’orthographe sur la crédibilité, ça me parle!

Travaillant pour l”ingénierie, j’ai eu des candidats de toutes origines, et pas seulement des natifs anglophones. Et force est de constater que les CV des natifs anglophones avaient plus souvent des fautes que les autres.” Intéressant”, me suis-je dit. “Mais pourquoi donc?”

Pour y répondre, j’aurais aimé vous citer une source sûre mais malgré mes recherches, je ne trouve pas d’étude valable sur le sujet. Si d’autres blogs plus anciens, ou sites à vocation de voyages linguistiques abordent ce thème, c’est toujours sans référence à une étude spécifique sur le sujet. Aussi je partage avec vous mon ressenti et mon analyse, basée sur mon expérience  en tant que polyglotte, professeur de langues et recruteuse.

ecriture orthographe

Les erreurs classiques en anglais

Le plupart des erreurs en anglais, comme en français d’ailleurs, viennent des homophones. L’erreur qui m’a beaucoup marquée dans les candidatures est la confusion entre les mots role et roll.

  • role = poste (responsabilité d’un employé)
  • roll = rouleau (mais dans mon cas j’imagine une spécialité anglaise, le sausage roll – une saucisse entourée de pâte feuilletée)

Inutile de préciser à quel point lire une candidature disant I’m very interested in this roll me faisait sourire! En théorie, ce ne sont pas des homophones mais selon les accents régionaux, ils peuvent le devenir.

Pour illustrer un peu plus mes propos, voici d’autres exemples qui sont vraiment des homophones:

  • They’re (contraction de they are – ils sont) et their (leur) et there (là)
  • De même You’re (tu es) et your (ton)  – It’s (c’est) et its (son/sa)
  • Affect (affecter) et effect (effet)
  • Accept (accepter) et except (excepté)

Et l’erreur fatale qui n’a pas de sens:

  • Would of au lieu de would’ve  (I would’ve – j’aurais)

En français, cela revient à confondre ça et sa, ou mes, mais et met.

Pourquoi fait-on ces fautes là en français?

Le français étant notre langue maternelle (sinon, remplacez “français” par toute autre langue qui serait votre langue maternelle…), nous l’avons appris à l’oral bien avant de l’apprendre à l’écrit.

Puis l’école nous a imposé des règles d’écriture pour tous ces mots que nous connaissions déjà. Je pense par exemple à ma nièce qui doit apprendre des mots simples comme “bonjour”, qu’elle connait très bien, qu’elle utilise depuis longtemps, mais qui représentent un vraie difficulté à l’écrit à cause des combinaisons “ou” et “on”. On est tous passés par là, même si c’est loin maintenant!

Ainsi, à l’oral, le français ne nous pose aucun problème. On l’utilise aisément. Mais à l’écrit… c’est, s’est, ces, ses, sait, sais? Les fautes sont possibles.

Et pourquoi on ne les fait pas dans une langue étrangère?

À l’inverse, lorsqu’on parle dans une langue étrangère, on risque beaucoup plus de faire des fautes de grammaire, de structure de phrase, de vocabulaire. Cela parce qu’on doit rapidement communiquer dans une langue que l’on ne maitrise pas forcément aussi bien que notre langue maternelle. Par exemple en anglais, une erreur classique à l’oral est d’utiliser le passé simple en plus de l’auxiliaire.

Mais quand on passe à l’écrit, c’est tout le contraire. On va faire peu de fautes, éventuellement de la grammaire, mais très rarement des erreurs d’homophones. Pourquoi?

Et bien tout simplement parce que nous avons appris cette langue à l’écrit et à l’oral en même temps. Les livres, les articles de journaux avec un contexte, les cartes de révision qui associent un mot à sa traduction en français… Il est très rare qu’une langue étrangère ait été apprise seulement à l’oral. C’est possible, mais peu courant.

Ainsi, chaque mot avec son orthographe est associé à une idée, un objet, une situation. Chaque mot a sa valeur et ne peut être confondu avec un autre qui certes sonne pareil à l’oral mais ne veut pas du tout dire la même chose.

Pour reprendre l’exemple de role et roll, ce sont pour mois deux choses tellement différentes qu’il me paraitrait aberrant de les confondre. Pourtant, pour les anglais c’est tout à fait possible. Ils ont utilisé ces mots bien avant d’apprendre à les écrire.

Associer une orthographe à un mot maîtrisé à l’oral n’est pas le même exercice qu’associer une orthographe à une idée ou un objet dont on a appris le nom en même temps que l’écriture.

idees orthographe

Alors comment les langues étrangères peuvent-elles aider à améliorer l’orthographe en français?

En se basant sur les raisons expliquées plus haut, on constate que c’est l’association d’idées qui permet d’écrire un mot correctement.

Tout comme il est peu probable de confondre you’re et your parce qu’en français ils veulent dire tu es et ton, donc pas du tout ressemblant. De même, comment éviter de confondre par exemple leur et l’heure?

En leur associant une valeur. En inversant l’apprentissage.

Plutôt que d’apprendre à écrire ce que l’on dit, pour éviter les fautes d’orthographe, il faut changer d’approche et apprendre chaque mot pour ce qu’il représente.

Mais c’est déjà le cas, non?

Pas vraiment.

Quand on écrit dans une langue étrangère, on écrit les idées, les concepts que l’on a en tête. Très souvent en français, on essaye d’écrire ce que l’on dirait à l’oral, donc des mots.

Pour améliorer notre orthographe, il ne faut pas transcrire l’oral en écrit, mais bien écrire des idées non prononcées.

Il existe d’ailleurs des livres pour améliorer l’orthographe grâce à des associations avec des images par exemple.

C’est la leçon à retenir des langues étrangères. C’est un exercice un peu étrange au début, surtout si vous n’avez pas encore appris une autre langue, mais ça marche. Et si vous décidez d’apprendre une langue étrangère, cet exercice prendra tout son sens!

 

À vos cahiers! Dessinez les mots, associez les idées! pour vous inspirer, pourquoi ne pas essayer d’adapter ces techniques?


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