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Compétences

2 éléments indispensables pour parler couramment

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En plein apprentissage d’une nouvelle langue, vous cherchez maintenant comment parler couramment. Comment parlent ceux dont c’est la langue natale? Faut il augmenter le débit de parole pour montrer que vous maitrisez?

Pas tout à fait.

Lorsqu’il s’agit de notre langue natale, il arrive que l’on parle vite. Selon à qui on s’adresse et l’émotion que l’on ressent. On ne parle pas de la même façon à ses amis pour leur annoncer une super nouvelle, que lorsqu’on rend visite à notre grand-mère pour prendre un café avec elle.

Il arrive aussi du coup, que dans une langue étrangère, on ait l’impression que les autres parlent vite. Que ce soit lors d’une conversation ou dans un film, oui, ça arrive. Mais pour autant, est-il important de savoir parler vite pour montrer que l’on parle couramment? Est-ce là la clef d’une conversation naturelle?

Je me souviens de mes cours pour être professeur d’anglais langue étrangère. On avait regardé des exemples de candidats à des tests tels que le TOEFL ou l’IELTS, durant l’épreuve orale. Il était flagrant que certains parlaient beaucoup trop vite et cette rapidité influençait souvent la qualité de leurs phrases. Bien sûr le stress de l’examen joue beaucoup et on a tendance à s’emballer et oublier quelques règles de grammaire. Personnellement, même en français, ne pas m’emballer et parler à 200 à l’heure à cause du stress est un combat permanent – heureusement, ma grammaire n’en souffre pas, mais la qualité certainement!

Aujourd’hui je vous propose de nous pencher sur la question de la précision vs. l’aisance. Ce sont en effet deux aspects bien distincts dans la façon de communiquer. À travers ces deux aspects nous verrons que la vitesse d’énonciation bien que présente, n’est pas un élément clef pour atteindre une qualité pouvant s’apparenter à un discours bilingue.

 

1- La précision

Claude Germain et Joan Netten (2001) définissent la précision comme “la connaissance correcte des règles d’une langue ainsi que l’habileté à utiliser correctement ces règles”.

Par règles, on entend la grammaire et la connaissance de la langue d’une part, et les règles socioculturelles – par exemple en français, le tutoiement ou le vouvoiement – d’autre part.

Ainsi, avant de pouvoir parler couramment, la précision peut prendre du temps à maitriser.

La grammaire et la connaissance de la langue

Imaginez que vous bossiez quotidiennement la grammaire de la langue que vous souhaitez apprendre. Vous connaissez toutes les conjugaisons et les verbes irréguliers sur le bout des doigts, l’ordre des éléments dans une phrase,  et les déclinaisons. Vous avez même travaillé la prononciation! Pourtant il est peu probable que ça suffise pour que vous vous sentiez capable de discuter dans cette langue. Maintenant, ajoutez à cela les faux amis qui viennent nous titiller lorsqu’on essaye de nous exprimer; parce-que c’est ce qui nous vient le plus facilement, même si on sait au moment où on le dit que ce n’est pas juste.

Pour reprendre l’exemple de Claude Germain et Joan Netten:

Un anglophone apprenant le français pourrait dire “Ce qui me concerne…”, alors que ce qu’il souhaite dire est “Ce qui me préoccupe…”.

En anglais on peut être tenté de dire “Actually I work  in …” alors qu’on souhaite dire “Currently I work in…”

Ainsi pour une bonne qualité de conversation, proche du bilingue, il faut être capable d’accumuler toutes ces connaissances grammaticales, et d’éliminer la tentation des faux amis.

Les règles socioculturelles

Ces règles sont probablement les plus difficiles à acquérir. En effet, tous les livres ne peuvent remplacer la situation réelle. On peut apprendre les quelques règles socioculturelles de base, telles que l’utilisation de tu et usted en espagnol, mais une fois sur place, on réalise que ce n’est pas si simple et que dans certaines situations où l’on aurait utilisé usted, les natif se contentent d’un tu.

C’est cette capacité à adapter notre discours au contexte qui va réellement nous rapprocher de l’effet bilingue. Les natifs vont reconnaitre nos compétence linguistiques et apprécier la qualité de notre connaissance de leur langue par cet aspect bien plus que les autres.

2- L’aisance

Claude Germain et Joan Netten (2001) définissent l’aisance comme “l’habilité à mettre en relation avec facilité les composantes d’une communication”.

Peut-être vous êtes-vous déjà retrouvé dans cette situation: vous connaissez une langue étrangère plutôt bien. En cours, pas de problème. Sur papier pas de problème. Puis arrive le moment où vous êtes avec un groupe parlant cette langue.

Natifs ou non, ils ont l’habitude de la parler couramment. Et là, pas moyen d’en placer une! Vous arrivez à suivre les conversations mais le temps qu’une réponse se forme dans votre tête, il est trop tard pour la placer. Toujours un métro de retard!

Puis l’un d’eux se tourne vers vous et vous pose une question. Et là, c’est le drame! Pas de problème pour comprendre la question, mais vous vous entendez y répondre et vous trouvez que vous avez l’air de quelqu’un qui débute, ou éventuellement niveau intermédiaire. Ça bafouille, c’est hésitant. Fautes de conjugaisons. Manque de vocabulaire précis. Phrases courtes.

Pourtant quand vous repassez la question dans votre tête, votre réponse est impeccable.

C’est là toute la difficulté de l’aisance!

Là encore, parler vite n’est pas la solution. C’est peut-être même le problème. Il vaut mieux prendre son temps, même avec des fautes. Peu importe. Vous permettez à votre interlocuteur de s’adapter à vous et de vous comprendre.

Ainsi l’absence d’aisance se traduit par exemple par des hésitations, des pauses, des longueurs, des reprises.

À ne pas confondre avec une énonciation posée et calme, en prenant le temps d’articuler et pourquoi pas d’introduire des expressions qui vont donner un aspect plus naturel à votre réponse.

Clefs pour parler couramment

Comment améliorer votre conversation pour parler naturellement

Vous l’aurez donc compris, rien ne sert de courir!

Ça pourrait même avoir un effet négatif sur votre conversation. Si vous parlez vite et oubliez la grammaire ou utilisez des faux amis, votre interlocuteur va vraiment avoir du mal à suivre.

La précision et l’aisance doivent se travailler en parallèle, pas l’une après l’autre. Ce serait comme apprendre comment faire du vélo assis sur un banc, puis espérer rouler sans problème une fois sur le vélo.

Hélas, la théorie ne suffit pas!

1- Développez votre précision

Les livres et les tests sont bien pour apprendre puis tester ce dont vous vous souvenez. Par contre ils ne donnent pas de contexte auquel vous devriez vous adapter. Ils ne fonctionnent donc pas seuls.

Les films et livres tels que les romans vont vous aider à développer votre connaissance des règles socioculturelles si cruciales. Notez les expression qui vous plaisent et vous parlent. Laissez les tourner dans votre tête jusqu’à les assimiler.

2- Développez votre aisance

Pour ça pas de secret. Vous l’aurez compris, tout passe par la pratique en réel.

Si besoin commencez à parler tout seul.

Racontez-vous votre routine du matin. Faites-vous votre propre dialogue. Oui on risque de vous demander combien vous êtes dans votre tête, mais qu’importe! Les résultats se feront vite sentir.

Certes ce n’est pas une vraie conversation, mais vous habituez votre cerveau à ressortir ce qu’il sait rapidement et à haute voix.

Pour les débutants, des post-its par-ci par-là avec des mots de vocabulaire ou des verbes vous encourageront à faire des phrases simples avec le vocabulaire que vous connaissez. Et ce qui est génial, c’est que vous développerez dès le début cette habitude de parler seul 🙂

Une variante? Donnez vous des défis.

  • Aujourd’hui je dois utiliser tels mots / parler de voyages / nourriture / etc.
  • J’ai noté telle expression hier dans le film. Je veux savoir la replacer dans mes phrases.
  • Ma prononciation de tel mot / tel son n’est pas terrible. Je dois utiliser ces sons aussi souvent que possible.
  • Etc.

Alors oui, parfois vous allez partir dans des délires et monter des histoires à dormir debout juste pour remporter votre défi, et c’est génial! Après tout, qui a envie de parler de sa tasse de café matinale et de son trajet vers le boulot tous les jours?

Créez, élaborez, imaginez… mais surtout faites le à haute voix aussi souvent que possible!

Ces défis vont vous permettre de travailler en parallèle votre aisance et votre précision.

Passez à l’action dès que l’occasion se présente

Vous apprenez l’italien et justement vous allez manger une pizza dans un resto où le serveur est italien. Dites lui que vous voulez essayer de commander en italien, et qu’il n’hésite pas à vous poser des questions.

Vous n’aurez pas toujours quelqu’un juste à côté avec qui parler, donc sautez sur toutes les opportunités. L’article sur comment mettre en pratique une langue étrangère devrait vous donner quelques idées.

C’est à vous de jouer! Surtout ne favorisez pas la vitesse. Imaginez la situation inverse, où vous discutez avec un étranger qui vous parle français, vite et avec des fautes que vous essayez de convertir pour comprendre ce qu’il dit. Vous seriez bien content d’avoir un peu plus de temps pour suivre!

Prenez votre temps! Préférez la qualité à la quantité.

 

Vous avez déjà vécu ces situation? Parler vite ou faire un blocage. Dites moi tout en commentaires!

 


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