Filles a l'ecole
Carnaval,  Culture

Comment seront enseignées les langues dans l’avenir?

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Je vous propose aujourd’hui une petite aventure, ou plutôt une réflexion sur le présent et le passé afin d’essayer de deviner ce à quoi ressemblera l’enseignement des langues étrangères dans l’avenir.

Mickaéline, du blog L’avis de Mickaéline, combine les suggestions littéraires -pour tous- et les recommandations pour les Dys. Ayant elle-même embrassé son côté unique pour vivre une vie qui lui ressemble, elle met son talent et son expérience au profit des autres.

Et comme justement il y a autant d’expériences de vie que d’êtres humains sur Terre (et même plus vu tous ceux qui sont passés avant nous), elle a choisi d’organiser un Carnaval d’Articles sur le sujet “Comment voyez-vous la pédagogie de demain?”.

Comme vous l’avez sûrement compris maintenant, j’ai eu la chance de vivre dans plusieurs pays, et de voir parfois de près quelques aspects de l’enseignement à l’école. Ce carnaval lancé par Mickaéline est l’occasion d’une réflexion sur ces expériences, et ce à quoi l’avenir de l’enseignement des langues pourrait ressembler.

“Mais qu’est-ce donc qu’un carnaval d’article?” vous demandez-vous.

Tout simplement un évènement inter-blogueurs permettant à des blogueurs d’horizons différents de traiter d’un même sujet, chacun depuis son point de vue, avec sa propre expérience et la spécialité de son blog.

Quel interêt?

Pour vous lecteurs, c’est l’opportunité de découvrir un même thème abordé de façons différentes, et de bénéficier de la richesse de toutes ces expériences partagées. La chance pour vous d’en apprendre énormément sur le sujet. Grâce aux nombreux participants, vous aurez l’opportunité de voir le thème de la pédagogie abordé sous différents angles, et traitant de différents sujets.

Ainsi cet article est une belle opportunité de partager avec vous mes expériences et ce qui m’a plu .

Regarder autour de nous, savoir d’où l’on vient, pour décider où l’on va.

Le passé, mon expérience.

J’ai eu cette chance extraordinaire d’avoir dans mon école une institutrice ‘visionnaire’. Alors que les cours d’anglais ne faisaient partie du programme scolaire qu’à partir de la 6ème, elle a mis en place des cours d’anglais dès le primaire. Je me souviens encore qu’elle passait de classe en classe avec une espèce de grand chariot sur lequel se trouvait  le projecteur de diapositives. Par la suite elle a modernisé son programme et intégré des vidéos avec des marionnettes. C’était très chouette et une bonne distraction pour changer des leçons classiques. Personnellement j’adorais ce programme vidéo, mais je n’ai jamais réussi à le retrouver hélas.

Je n’ai pas souvenir qu’il y ait eu la moindre grammaire. C’était vraiment une introduction à cette langue étrangère, par la pratique – le temps qu’il fait, les dates, les vêtements.

Pour moi il ne fait aucun doute que ce fut un avantage énorme une fois arrivée en 6ème. Mais j’ai aussi conscience que ce n’était pas monnaie courante à l’époque (hahaha voilà que je parle comme si j’avais 80 ans!)

Diapositives

Les langues à l’école telles que je les ai vues

Tout comme l’apprentissage d’une langue nous ouvre les portes d’autant d’autres mondes, observer le système scolaire est fascinant!

Les différences d’un pays à l’autre sont aussi évidentes que les différences culturelles. Laissez-moi partager avec vous celles qui m’ont frappé, avant de nous tourner vers l’avenir.

L’Angleterre, un bras de mer de différences

Après plusieurs années en Angleterre, une formation de prof d’anglais langue étrangère en poche, et une bonne expérience de l’enseignement du français et de l’anglais, j’ai commencé les démarches pour enseigner le français aux enfants. A travers cette démarche j’ai pu découvrir plus en détails le fonctionnement des études ‘à l’anglaise’.

Comme c’est de plus en plus le cas maintenant dans de nombreux pays, les cours de langues étrangères commencent dès le primaire. Et il y a un petit plus qui m’a beaucoup plu, pas uniquement pour les langues certes, mais celles-ci ont beaucoup de succès.

Toutes les écoles, qu’elles soient publiques ou privées, proposent des clubs. Ce sont des activités disponibles sur inscription durant le temps de midi et après 15h, heure à laquelle l’école se termine. Si je ne me trompe pas, c’est ce que mon filleul appelle TAPS en France; si ce n’est que généralement c’est à la charge des parents, comme on payerait pour une garderie jusqu’à 17h.

En France les enfants ont des activités qui font courir les parents partout, tandis que les écoles anglaises proposent aussi des activités, mais sur place. Cela va du simple ‘After School Club’ qui propose des activités variées tout au long de l’année mais toujours pour le même groupe, aux clubs plus spécifiques, comme le ‘French club’, théâtre, musique ou activité sportive par exemple.

Dans les clubs de langue, les enfants se familiarisent avec la langue de façon plus naturelle que les classiques cours de grammaire, conjugaisons et autres technicités. Il y a des chants, des jeux, des personnages récurrents et des ateliers découverte de la nourriture et la culture.

J’aime beaucoup car c’est l’opportunité pour les enfants d’essayer de nombreuses activités, le prix reste raisonnable et les parents savent que leur enfant n’est pas simplement en garderie mais plutôt en exploration, sans avoir à courir à droite à gauche pour les déposer et les récupérer.

D’ailleurs les nurseries (garderie avant la maternelle, jusqu’à 5 ans) intègrent aussi très souvent des activités en langues étrangères, améliorant ainsi leur image et attirant plus de parents.

Passons maintenant de l’autre côté de la Terre, au Japon.

Ici on trouve aussi ce système de club dans le cadre de l’école et j’adore vraiment le concept. Cependant le petit bémol que j’ai pu ressentir c’est qu’il semble que les clubs et autres activités extra-scolaires ne soient pas simplement une exploration dans le but d’ouvrir l’esprit des enfants à un tas de choses, mais plutôt un moyen de sortir de la masse et espérer faire partie des élites.

L’idée est très louable, mais je garde le souvenir de ces enfants super adorables mais épuisés qui venaient prendre un cours d’anglais d’une heure et demie un samedi après-midi, et enchaînaient ensuite sur des cours de piano. 

education au japon
Ces enfants étaient super adorables et m’ont écrit une lettre pour me dire au revoir.

Chaque expérience est unique

Bien sûr mon expérience est extrêmement limitée mais la différences entre les pays reste une extraordinaire source d’inspiration et de réflexion.

Voilà donc deux pays si loin l’un de l’autre mais dans lesquels j’ai eu cette chance incroyable de vivre et d’observer. Un même objectif: enseigner, réussir, trouver sa place dans la société.

Ce que j’en retiens avant tout c’est que l’apprentissage des langues et devenu un élément incontournable de l’apprentissage. C’est déjà un changement énorme que je ne peux qu’applaudir.

Et l’avenir alors?

Une dernière note

Et bien juste avant de le rêver, j’aimerais revenir sur une dernière réflexion qui me vient d’une conversation avec un ami. De nos jours, on trouve que les enfants ayant des parents de langues natales différentes, ou dont la langue natale n’est pas celle du pays dans lequel ils vivent, ont une chance énorme.

Vous rendez-vous compte? Vivre en France avec un père espagnol et une mère anglaise, c’est la possibilité de parler 3 langues avant même d’arriver au primaire!

Aussi on se désole lorsqu’on réalise que certains parents ne font pas bénéficier leurs enfants de cette diversité de langues. C’est vrai, c’est dommage, mais c’est un peu facile et c’est oublier que la diversité linguistique n’a pas toujours été mise en avant comme elle l’est maintenant..

Il y a de ça une ou deux générations (voire trois tout dépend où vous vous situez), il était mal vu de parler la langue de ses parents si ce n’était pas celle du pays de résidence. L’accent était mis sur l’intégration et l’assimilation de la langue et de la culture locale.

Et si aujourd’hui on célèbre la variété linguistique et la richesse extraordinaire qu’elle représente, ça reste relativement nouveau.

Pour en revenir à l’avenir de l’enseignement des langues, je pense que le changement est déjà en train de s’opérer et continuera dans cette direction.

le monde des langues

Il y a de plus en plus de personnes qui s’expatrient, pour un temps ou pour longtemps. Sans aucun doute ce brassage culturel et ces enfants qui passent par différents systèmes scolaires vont au fil du temps avoir un impact sur l’évolution de la pédagogie.

Mettre les enfants en contact avec d’autres langues et leurs cultures très tôt dans leur apprentissage pour développer leur ouverture d’esprit, une curiosité insatiable et une plus grande tolérance, ne peut qu’être bénéfique.

Et tout comme on l’a vu dans les clubs et cours de langues au primaire, il est important d’associer une langue à son usage et sa culture. Parce que les langues ça n’existe pas seulement dans les livres, ce sont avant tout des outils de communication et d’échange.

Alors rêvons un peu

L’enseignement des langues dans l’avenir je le vois pratique et inclusif. Les enfants seraient dès leur plus jeune âge exposés à toutes sortes de langues étrangères. Pas nécessairement dans le but de les apprendre, mais simplement de les connaître. Les enfants parlant plusieurs langues seraient invités à préparer des activités pour faire découvrir une langue à leurs camarades. Les enseignants auraient au programme des ateliers langues et cultures avec des jeux, les dessins animés, des films (tout dépend de la tranche d’âge), de la dégustation, de la musique, des danses, etc.

Ainsi les langues étrangères qui sont souvent des barrières seraient démystifiées et leur apprentissage se ferait plus naturellement.

Et vous, vous le rêvez comment l’avenir de l’enseignement? Avez-vous vu une évolution dans l’enseignement des langues? 

Partagez votre vision dans les commentaires 🙂

 


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8 Comments

  • Anne-Gaëlle

    …alors en Belgique on a déjà un pied dans le futur: La petite école primaire toute simple de notre village dispense dès la troisième maternelle les cours en immersion français /anglais. La moitié dans une langue, l’autre moitié dans l’autre langue. Pas seulement quelques chansons et activités de bricolage. Tout le programme. Et ce n’est pas si exceptionnel, dans le village d’à côté l’école propose l’immersion français /néerlandais.

    • Severine

      C’est génial ça! Et donc par exemple les enfants vont étudier les mathématiques en deux langues? Parfois anglais, parfois français? Idem pour l’histoire, la littérature etc? Les instituteurs sont donc bilingues? Ça fait beaucoup de questions 😉

      • Anne-Gaëlle

        Alors, renseignements pris, sont en anglais les cours d’éveil (histoire, geo, nature…) et les cours de maths. Restent en français les cours de français et toutes ses subdivisions (logique ) et le cours de sport. Et le néerlandais est dispensé…en néerlandais 😉
        Les instituteurs/institutrices [instituteur.e.s 😁] ne sont pas bilingues, ils sont tout simplement plus nombreux. Ce qui prépare les enfants au système du secondaire, avec un prof par matière.

  • Aline

    Bonjour, merci pour cet article … Je suis tout à fait d’accord. De mon côté j’ai grandi au sein de l’école européenne de Luxembourg où neuf sections linguistiques étaient représentées. Et aujourd’hui, je considère que c’était une grande chance et un avantage de pouvoir grandir au milieu d’autant de cultures différentes. Ça m’a donné une grande curiosité et un goût certain pour le voyage et l’ouverture.
    Comment je vois l’apprentissage des langues dans le futur ? J’espère qu’on apprendra à faire sortir l’apprentissage de la salle de classe. Emmenons nos enfants à la rencontre des richesses culturelles qui existent déjà dans nos villes. Centres culturels, spectacles, commerces, … rien de tel qu’une immersion pour rendre les langues vivantes !

    • Severine

      Neuf sections linguistiques! Mais c’est génial! Et oui je suis tellement d’accord sur l’idée de faire sortir les enfants et les emmener à la rencontre des autres cultures. Au Japon, les enfants des villes touristiques font des sorties scolaires pour aller parler avec les touristes. Ils se promènent par petits groupes avec un questionnaire en anglais et abordent les touristes avec leurs questions. Je suis sûre que parfois/ souvent ils ont un peu peur de s’adresser à ces étrangers et j’applaudis vraiment cet exercice – et leur courage!

  • Anne-Lise - Grandir en langues

    Pour moi, les langues seraient également enseignées dès le plus jeune âge en laissant la possibilité aux enfants de les découvrir comme ils le souhaitent, en respectant plus leur personnalité et leurs goûts… J’aimerais qu’ils puissent avoir accès le plus tôt possible à plusieurs langues, quitte ensuite à en choisir 1 ou 2 à approfondir 🙂 j”y crois 😉

  • Arthur Debons

    Je ne peux m’empêcher de penser à la France en lisant cet article, car la France est dans un tel retard dans l’apprentissage des langues étrangères.
    Merci pour cet article ! 😊

    Arthur

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